« L’année 2020 a été la plus dure de ma carrière » lâche Fériel Goulamhoussen, le directeur du Centre d'Innovation Pédagogique et Numérique, appelé CIPEN par tous désormais. Avec la fusion intervenue au 1er janvier 2020, les projets et les activités étaient importants : poursuivre et développer les formations en innovation pédagogique, les formations en langues, produire des contenus audiovisuelles (tout comme le précédent Camp numérique)… « Nous appliquons la politique de la Vice-présidence Formation et Innovation Pédagogique, nous sommes son bras en quelque sorte », explique-t-il. Un « bras » tout de même formé d’une quarantaine de personnes dans son équipe auquel s’ajoutent une soixante d’enseignants collaborateurs. Le début de l’année 2020 devait voir une nouvelle organisation et la mise en place de nouveaux services quand le confinement est tombé. « Cette période a évidemment chamboulé nos projets. Heureusement, nous avons un réseau bien développé et des collègues en Chine nous ont alertés sur la situation en Chine les semaines précédentes, explique Fériel Goulamhoussen. Nous avons donc commencé à réfléchir aux solutions de travail - comme par exemple l’utilisation de Zoom en distanciel - si la fermeture du site était envisagée. A l’annonce du confinement en mars, nous étions donc prêts à 80% ».
Néanmoins, les équipes ont dû travailler d’arrache-pied pour poursuivre leurs activités et répondre à la fois à l’urgence de la situation et permettre la continuité pédagogique. Commandes et distributions de matériel (webcams, microphones, tablettes graphiques, licence Zoom), formation des enseignants à Moodle, plateforme pédagogique numérique, le CIPEN a dû mettre quelquefois certaines activités entre parenthèses comme les tournages et montages video et se transformer en support téléphonique. « Les enseignants ont dû adopter de nouvelles façons de travailler et certains étudiants se sont trouvés en grande difficulté pour suivre les cours car leurs forfaits téléphoniques étaient limités ou parce qu’ils n’étaient pas équipés d’ordinateur. Le printemps a été une période intense pour nous », raconte le directeur. « Je nous revois aussi en train de faire le tour du campus pour récupérer ou distribuer des ordinateurs. C’était un moment difficile mais il y a eu beaucoup de solidarité et cela a remis de l’humain dans les relations. C’est ce que je retiendrai. » Fériel Goulamhoussen.
Les enseignants ont eu besoin d’un grand soutien tout au long de ces mois. C’est ainsi que "les pauses pédagogiques" en présentiel ont laissé la place au "café pédagogique" virtuel, un rendez-vous organisé ente le Cipen et les enseignants. Chaque rencontre réunit régulièrement entre 10 et 20 personnes afin de permettre à tous de parler de leur expérience ou partager sur les méthodes de travail. Ces échanges nourrissent aussi le travail du Cipen qui cherche à améliorer continuellement les outils et les formations proposés. « Nos discussions et collaborations avec les enseignants nous ont permis de comprendre que certains intitulés ne parlent pas ou le contenu trop compliqué. Nous affinons les besoins. C’est important pour le développement des projets » précise Fériel Goulamhoussen. Et la liste de 2021 est déjà bien remplie : version améliorée de Moodle et intégration pour ESIEE Paris, nouvelle vidéothèque/photothèque, plusieurs MOOC sur la ville durable, formation des approches compétences, aux langues et à la langue des signes…
Les idées et les ambitions ne manquent pas pour les prochains mois mais le directeur salue avant tout l’investissement de ses équipes sans qui le travail n’aurait pu être bien accompli : « Après cette folle année, je vois la chance que j’ai de travailler dans une ambiance de bienveillance, d’entraide et de la solidarité. Les collègues sont d’excellente volonté. La charge est lourde mais nous voulons continuer à travailler dans la bonne humeur, en espérant que la situation revienne vite à la normale pour pouvoir avoir des moments de partage à nouveau », conclut-il.





