L'université Gustave Eiffel, a entamé son processus de sortie d'expérimentation en vue d'une pérennisation au 1er janvier 2025 en cas d'évaluation favorable :
Pourquoi avoir entamé le processus de sortie d'expérimentation maintenant ?
L’Université a été créée il y a maintenant 4 ans. Même s’il reste des choses à finaliser sur le plan de notre organisation interne, et c’est inévitable, nous avons aussi à notre actif des résultats notables ; en termes de visibilité ; en termes de structuration interne ; en termes d’intégration avec les écoles. Nous pouvons donc faire la démonstration que nous avons bien avancé dans la trajectoire que nous nous sommes fixée au début de cette aventure et que nous sommes au clair sur les prochaines étapes. Nous aurions de toute façon dû faire l’exercice d’auto-évaluation cette année pour l’évaluation de l’établissement. Le volet « gouvernance » du dossier d’évaluation de l’établissement traite en effet des mêmes questions que celles qui sont posées dans le dossier d’évaluation pour la sortie de l’expérimentation. Nous avons donc souhaité ne faire l’exercice qu’une seule fois, et surtout de ne mobiliser les collègues qu’une seule fois aussi ! S’il faut mettre en œuvre des recommandations avant de sortir de l’expérimentation ou si le périmètre des établissements changeait, c’est aussi maintenant qu’il faut le savoir, pour pouvoir prendre le temps d’ajuster les choses avant la fin du temps d’expérimentation prévu par le décret de 2018 créant les établissements publics expérimentaux, c’est-à-dire avant fin 2028.
Sur quoi porte (et ne porte pas) l'évaluation ?
L’évaluation de la sortie d’expérimentation est un peu particulière. Elle ne porte que sur la gouvernance de l’établissement, et c’est pour cela que le rapport d’auto-évaluation de la sortie d’expérimentation nous servira, quasi in extenso, pour la partie « gouvernance » du rapport d’auto-évaluation de l’établissement. Ce qui est regardé dans ce rapport de sortie d’expérimentation, c’est la trajectoire de l’établissement : où veut-on aller ? quels moyens met-on au service de la stratégie ? et comment sommes-nous organisés pour y arriver ?
On ne doit donc pas faire la preuve que tout est abouti, ce n’est pas l’exercice et l’HCERES sait que le fonctionnement d’un établissement n’est pas finalisé en quatre ans (surtout avec 2 ans de pandémie), mais on doit montrer que nous avons un cap, que nous sommes en phase avec les écoles sur ce cap, que nous sommes au clair sur les étapes intermédiaires et les signaux qui nous permettent de « piloter » l’ensemble, au sens où nous pouvons vérifier que nous allons dans le bon sens, et que nous prenons les décisions de façon objectivée et concertée. Dans le rapport nous allons donc surtout devoir décrire le niveau d’intégration avec nos écoles, la manière dont nous construisons nos choix budgétaires et d’emplois, l’organisation de notre gouvernance. Entre autres.
Concrètement, que va permettre et garantir cette pérennisation ?
La pérennisation va nous permettre de stabiliser ce pour quoi nous travaillons depuis 4 ans. Nous avons toutes et tous beaucoup investi dans le projet de l’établissement, beaucoup de choses ont été mises en place, nous avons besoin maintenant de pouvoir mener à terme le travail engagé, en ayant l’assurance de le faire pour un établissement pérenne et stabilisé. Cela permet également de conforter notre position vis-à-vis de nos partenaires qui sauront pouvoir compter sur nous et notre stratégie sur le long terme.
Pourquoi demander une sortie avec le statut de Grand Etablissement plutôt qu'avec le statut d'université ?
La loi prévoit que le seul statut possible à l’issue d’une expérimentation est le statut de Grand Etablissement. De plus, il est le seul qui permet de conserver les écoles-membres et les établissements-composantes (ce que ne permet pas le statut d’université) et de conserver la gouvernance que nous avons construite pour tenir compte des spécificités des établissements fondateurs. L’enjeu est bien celui-là : nous sommes Université Gustave Eiffel, mais comme l’ont dit des contributeurs à la consultation, nous sommes « plus qu’une université » ; nous associons les forces d’une université, d’un organisme de recherche et d’écoles d’ingénieurs et d’architectures.
Comment les personnels sont associés à cette évaluation ? Pourquoi était-il important de les associer ?
L’évaluation, mais surtout l’exercice d’auto-évaluation, est un exercice qui permet aussi de regarder ce qui a été accompli, et ce qui reste à faire. Et c’est pour cela qu’il était important de partager ce constat avec l’ensemble des personnels. Nous avons donc engagé dès la fin 2023 une consultation, pour recueillir l’avis des personnels sur un certain nombre de sujets, importants pour alimenter le rapport certes, mais aussi pour nous au-delà pour continuer à construire notre établissement. Nous avons synthétisé l’ensemble des contributions reçues, et partagé ce travail avec la communauté lors d’un séminaire en janvier. Beaucoup de choses ont été dites et beaucoup de propositions ont été formulées, il faut maintenant qu’on les analyse, qu’on les sélectionne, qu’on fasse des arbitrages et qu’on revienne vers les personnels, dans les instances notamment. Le rapport d’auto-évaluation va reprendre certains des constats qui ont été formulés, et certaines propositions, et ce rapport va être partagé avec les instances dès le mois de février. Je le disais : il y a l’exercice d’évaluation et c’est une chose, mais il y a aussi ce que nous en faisons pour améliorer le fonctionnement de notre établissement.
Quelles sont les prochaines grandes étapes ?
Le rapport d’auto-évaluation doit être remis en mars. La visite de l’établissement par le comité de visite devrait intervenir en mai. Les dates ne sont pas encore calées totalement mais nous pourrions recevoir le rapport de l’HCERES avant les vacances ou au moment de la rentrée universitaire. En fonction des retours, nous aurons potentiellement à faire voter par les instances de l’établissement mais aussi de ses écoles la demande de sortie d’expérimentation.
Et en cas de vote favorable, restera à formaliser la création du Grand Etablissement dans un certain nombre de décrets.