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Le Plan égalité femmes-hommes avec Maëva Ballon et Thierry Fragnet de la Mission égalité

Au sein de la fonction publique, on pense souvent que l’égalité entre les agentes et les agents est acquise. Malheureusement, le statut général des fonctionnaires ne constitue pas une garantie suffisante. Saviez-vous par exemple qu’au sein de notre Université les femmes gagnent en moyenne un salaire inférieur de 13 % à celui des hommes ? L’égalité est un sujet extrêmement transversal qui concerne tous les services et composantes de l’Université. La structuration et l’organisation des activités de la mission égalité nécessitent un travail collaboratif permanent et de s’appuyer sur l’expertise des collègues.


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ? Quel poste occupez-vous actuellement ?

Thierry Fragnet : 
Bonjour, je suis traducteur de formation. J’ai travaillé quelques années dans le privé, en Allemagne, avant de rejoindre la fonction publique en 2010. Je suis actuellement responsable du développement économique de la plateforme Sense-City et j'ai également un rattachement fonctionnel au Cabinet de la présidence en tant que chargé de mission. C’est à ce titre que j’apporte mon concours à la mission égalité de l’Université, en tant qu’appui.

Maëva Ballon : 
Bonjour, je suis chargée de projets au sein de la mission égalité de l’Université. J’ai pris mes fonctions début avril. Fonctionnaire, j’ai réalisé tout mon parcours professionnel au sein d’administrations publiques, en particulier en collectivités territoriales et obtenu un diplôme d’études sur le genre en parallèle de mes activités professionnelles.

Vous êtes également chargée de projets et appui à la Mission égalité. En quoi cela consiste-t-il ?

T.F. : Je suis venu renforcer la mission Egalité au cours de la première année de l’Université Gustave Eiffel et d’une crise sanitaire qui ont fortement impacté les référentes Égalité dans leur travail au quotidien. De plus, la mission avait la lourde charge de rédiger, d’ici à la fin de l’année 2020, un plan pour l’égalité professionnelle. J’ai apporté mon soutien dans le montage du Comité de pilotage, qui intègre les Écoles, et des groupes de travail associés qui allaient réfléchir au contenu du plan et ainsi contribuer à l’enrichir, participé aux réflexions de la mission sur la rédaction du plan, les actions à mettre en œuvre, la mise en place d’une plateforme de signalement des situations de harcèlement, et alimenté le site internet dédié où les collègues peuvent retrouver de nombreuses ressources et informations.

M.B. : Je travaille à temps plein au sein de la mission égalité de l’Université. Mes missions ont pour objectif de faire vivre les politiques d’égalité au sein de notre nouvel établissement. Je travaille notamment au déploiement d’actions de formation et de sensibilisation des personnels et des étudiant·es, à la prévention des violences sexistes et sexuelles et à la lutte contre les stéréotypes de genre, à l’élaboration et au suivi des mesures du plan en faveur de l’égalité ou encore au développement de partenariats extérieurs.

J’anime également le réseau des sentinelles égalité de l’Université. Composées d’agentes et d’agents de statut et de fonctions très différents, ce réseau de proximité joue un rôle d’information et de relais sur les questions d’égalité au sein de leur entité de travail.

Qu’est-ce qui vous motive à assurer cette fonction au sein de la Mission égalité ?

T.F. : J’ai toujours aimé la diversité dans les postes que j’ai occupés. Prendre en charge de nouvelles tâches permettait de répondre à cette appétence. Mais j’avais surtout à cœur de faire œuvre d’utilité publique et de contribuer à une cause.

M.B. : Je crois profondément aux valeurs d’égalité, de solidarité et de démocratie portées par les services publics. L’Université, en tant qu’établissement de formation et de recherche, joue un rôle fondamental dans la transmission de ses valeurs et dans l’émancipation des étudiantes et des étudiants. Mon rôle au sein de la mission égalité consiste à repérer les inégalités et à les corriger en travaillant conjointement avec l’ensemble des services et composantes de l’Université.

Quels sont vos projets en cours et à venir ?

T.F. : Je rejoindrai le Cabinet de la présidence au 1er septembre 2021 à plein temps et serait amené à apporter mon concours sur de nouveaux sujets, en plus de la mission Egalité.

M.B. : Je travaille à la préparation de la rentrée de septembre. Côté étudiantes et étudiants, j’ai sollicité les composantes de formation avec Claire Delahaye, chargée de mission en charge du déploiement de la mission égalité dans les composantes, pour présenter la mission égalité et le dispositif de signalement et de traitement des violences sexistes, discriminatoires et sexuelles à l’occasion des réunions de pré-rentrées. Côté personnels, je travaille avec les services formation des périmètres ex-U et ex-I de l’Université pour mettre en œuvre les actions de formation et de sensibilisation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes et de prévention des violences.

La formation et la sensibilisation de l’ensemble de la communauté universitaire sont des mesures fortes et nécessaires du plan égalité actuellement en discussion dans les instances de l’Université. Pour mettre fin aux inégalités et aux violences, il faut élever le niveau général d’intolérance.

En quoi consiste le Plan égalité femmes-hommes ?

Le plan égalité femmes-hommes est la concrétisation des valeurs affirmées par l’Université Gustave Eiffel.

Il s’agit d’un plan d’actions sur trois ans, décrivant ce que l’Université souhaite mettre en place en termes d’évaluation, de prévention et de traitement des écarts de rémunération ; d’égal accès des femmes et des hommes aux corps, cadres d’emploi, grades et emplois de la fonction publique ; d’articulation entre vie personnelle et vie professionnelle ; de lutte contre le harcèlement, les discriminations, les violences sexistes et sexuelles, les stéréotypes et les biais de genre ; de gouvernance de la politique d’égalité entre les femmes et les hommes.

Il ne se limite pas à l’égalité professionnelle et propose des actions pour mettre en place une culture de l’égalité dans l’organisation de l’établissement mais engage aussi à la faire exister dans toutes les missions de l’Université, notamment à travers des actions en faveur du public étudiant.

Comment le Plan égalité est-il construit ?

Le plan est construit autour de deux grands types de mesures.

  1. Des actions de diagnostic pour affiner l’analyse de la situation entre les femmes et les hommes et mieux cibler les moyens à déployer en s’appuyant sur les réalités de travail des collègues et d’études des étudiantes et étudiants. La création d’une rubrique « égalité professionnelle » au sein du futur rapport social unique de l’établissement est une des principales mesures proposées dans le plan. La généralisation des données administratives genrées devra s’effectuer en étroite collaboration avec les services des ressources humaines. 
     
  2. Des actions correctives pour mettre fin aux inégalités, notamment en ce qui concerne la lutte contre les violences sexistes, discriminatoires et sexuelles au sein de l’Université. Il est par exemple proposé d’intégrer la définition et la lutte contre les principales formes de violences sexistes, discriminatoires et sexuelles dans le règlement intérieur de l’Université d’ici 2022.

Comment allez-vous faire votre travail d’analyse et quelles actions correctives proposez-vous ?

Des travaux d’analyse poussés ont été menés par les Directions des Ressources humaines ainsi que par Rahma Bensalem, apprentie spécialiste en traitements de données et Yannick L’Horty, responsable du master Data Analyst, sur la rémunération totale des personnels à corps et caractéristiques égales. Les différents groupes de travail, émanant du Comité de pilotage, ont également contribué à l’analyse de l’état des lieux.

De nombreuses actions de suivi, de formation, de sensibilisation, de construction et diffusion régulière de statistiques genrées sur les recrutements, de promotion d’une communication égalitaire, de soutien à la parentalité, d’encouragement à de nouvelles formes d’organisation du travail, de restructuration du dispositif de signalement et de traitement des violences, de lutte contre la précarité menstruelle, la mise en valeur d’autres noms de femmes et de personnes appartenant à des groupes minorés dans l’espace institutionnel etc. sont autant d’actions correctives proposées et décrites dans le plan.

Auriez-vous des exemples d’actions particulières sur lesquelles vous souhaitez travailler ?

Pour améliorer l’identification des violences et des biais de stéréotypes et de discriminations au sein de notre établissement, le plan prévoit une enquête sur les violences au sein de l’Université auprès des étudiant·es et des personnels. Nous souhaitons pour cela travailler avec les collègues de l’OFIPE. Nous avons besoin de mieux comprendre les différentes formes de violences, identifier les éventuelles situations aggravantes et les personnes qui en sont victimes pour mieux les accompagner et surtout pour mettre fin aux violences.

En parallèle, la meilleure compréhension des mécanismes à l’origine des écarts de salaire entre femmes et hommes à travers les travaux réalisés par Yannick L’Horty et Rahma Bensalem nous permettra de mieux orienter les moyens en faveur de mesures correctives de rattrapage des inégalités avec comme ligne directrice le respect de l’article 1 de la loi du 22 décembre 1972 relative à l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes stipulant que « tout employeur est tenu d’assurer pour un même travail, ou pour un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes. »

En cas de violences sexistes, discriminatoires ou sexuelles, comment nos collègues doivent-ils s’y prendre ?

Au travail comme ailleurs, les violences sont inacceptables. Lorsqu’on est victime, il est très difficile de poursuivre son travail dans des conditions sereines, sans un accompagnement suffisant. N’hésitez pas à parler à des personnes de confiance au sein de votre entourage.

Je tiens en outre à indiquer aux collègues qui sont confronté·es en tant que victime ou témoin d’une situation de violence à caractère sexiste, discriminatoire ou sexuelle que la mission égalité peut les accompagner dans leurs démarches administratives et juridiques et les orienter vers les services universitaires de santé et d’action sociale. Pour bénéficier d’un accompagnement médico-psychologique, les collègues peuvent également contacter la plateforme d’écoute et de soutien pro-consulte au 0 805 230 805.

Deux boîtes mail existent pour signaler une situation de violences sexistes, discriminatoires ou sexuelles :

  • pour les personnels : drh.harcelement@univ-eiffel.fr
  • pour les étudiant·es : vieetudiante.harcelement@univ-eiffel.fr

Chacune et chacun peut également se référer à sa hiérarchie ou à ses représentantes et représentants syndicaux et pourra sous peu faire appel à la sentinelle égalité de son entité de travail.

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